Sur cette page

Compter des bacs de plantation, c’est facile. Comprendre la vie qui les entoure l’est beaucoup moins. Cet écart prend toute son importance dès qu’une équipe immobilière passe de « nous avons ajouté de la verdure » à l’explication de ce que cette verdure fait réellement.

La Conférence des Nations Unies sur la biodiversité, la COP17, se tiendra à Erevan du 19 au 30 octobre 2026. Les gouvernements y mèneront le premier examen mondial des progrès accomplis dans le cadre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. Rien de tout cela ne certifie un immeuble, bien entendu. Mais c’est l’occasion idéale d’examiner les preuves sur lesquelles repose le récit nature de votre propre immeuble, et de vous demander quelle part en résisterait à un examen attentif.

Des carottes récoltées pendant une activité de culture MicroHabitat.
Le soin des cultures fait partie du récit, de la plantation à la récolte.

Partir de ce que vous voulez apprendre

Avant de penser aux badges ou aux labels, posez une question plus simple : que voulez-vous vraiment savoir? Si les plantations survivent toute la saison? Si quelque chose fleurit du printemps à l’automne? Si les gens peuvent seulement accéder à l’espace? Chaque question demande un type d’observation différent, et une seule photo d’abeille ne peut pas répondre à toutes.

La cible 12 du Cadre porte sur les espaces verts et bleus urbains : leur qualité, leur connectivité et les personnes qui peuvent y accéder. Pour une propriété donnée, une lecture raisonnable consiste à regarder au-delà de la seule surface plantée : l’habitat qui l’entoure, le plan d’entretien qui la fait durer et les personnes qui en profitent. C’est une façon de concevoir un programme, pas une déclaration de conformité à une cible internationale.

Noter votre point de départ

Avant d’ajouter ou de modifier quoi que ce soit, consignez ce qui existe déjà : des photos datées, un plan de site simple et la liste de ce qui est planté. Indiquez les zones que vous incluez et celles que vous laissez de côté. Un toit, une cour intérieure et une bande le long de la rue mènent des vies très différentes, et les fondre en un seul chiffre séduisant peut masquer précisément ce qui a changé.

Si vous avez besoin d’un véritable état initial écologique ou d’un inventaire des espèces, faites appel à un spécialiste qualifié. Une équipe d’exploitation peut tenir d’excellents registres sans se prendre pour une équipe d’écologues. Quand personne n’est sûr de l’identité d’un insecte, écrivez « non identifié » et conservez la photo originale. Une incertitude assumée sera bien plus utile plus tard qu’une supposition affirmée avec aplomb.

Agir, observer, démontrer : trois choses distinctes

Il est utile de classer chaque affirmation dans l’une de ces trois catégories :

  • Ce que vous avez fait : une zone de plantation a été installée ou entretenue.
  • Ce que vous avez observé : une plante a fleuri, ou un pollinisateur est passé, à une date donnée.
  • Ce que vous avez démontré : un changement a été établi avec une méthode adaptée et une comparaison équitable.

Les trois se confondent facilement. Plus de photos ne signifie pas automatiquement plus de biodiversité, et davantage de visites consignées peut simplement vouloir dire que quelqu’un a passé plus de temps à regarder. Un registre qui précise quand et comment les observations ont été faites permet au lecteur suivant d’en comprendre les limites.

Tenir un carnet que l’équipe peut suivre

Choisissez quelques points d’observation fixes et un calendrier que l’équipe peut réalistement respecter. Notez la météo et les travaux d’entretien lorsqu’ils pourraient expliquer ce que vous avez vu. Et gardez les remplacements de plantes dans le registre. Laisser les échecs de côté rend l’histoire plus jolie, et la décision suivante moins bonne.

Parcourez le carnet avec votre agriculteur urbain à la fin de la saison, et avec un écologue au besoin. Le choix des plantes et la routine d’entretien soutiennent-ils ce que vous vouliez accomplir? Produire des aliments, offrir un habitat et créer un lieu agréable à visiter peuvent se recouper, mais ce sont des objectifs différents. Un plan de cultures, à lui seul, n’est pas une stratégie de biodiversité.

Partager les limites autant que les résultats

Une mise à jour digne de confiance précise la partie du site qu’elle couvre, la période visée, ce qui a été fait et les preuves disponibles. Puis elle nomme ce qui reste inconnu. Évitez les expressions comme « gain net de biodiversité » ou « nature positive », à moins qu’une méthode claire, un périmètre défini et l’appui d’experts ne les soutiennent. Ces mots promettent bien davantage que la simple présence de plantes.

Pour un article général ou une campagne, choisissez des gros plans approuvés, sans image de marque d’un client ni détail reconnaissable d’un site privé, et réservez les registres détaillés aux personnes qui ont besoin de les consulter. De bonnes preuves et des images discrètes font très bon ménage.

MicroHabitat aide les équipes immobilières à relier agriculture professionnelle, activités saisonnières et récit visible de l’entretien. Le meilleur geste avant la COP17 n’est pas une promesse plus grande. C’est de décider à quelles questions votre ferme peut répondre, qui tiendra le registre et ce que vous aimeriez pouvoir montrer à la fin de la saison. Si vous intégrez ce récit à une démarche de reddition de comptes plus large, notre guide sur l’ESG et l’agriculture urbaine est une bonne prochaine lecture.

Partager cet article